La crise des subprimes a bouleversée le système bancaire mondial. En effet, de grandes institutions financières de taille démesurée (Too Big Too Fail) se sont retrouvées frappées de plein fouet par la crise et déclarants ainsi la faillite. Si certaines d’entres elles ont été sauvés par l’intervention des banques centrales, ce ne fut pas le cas de tous à l’instar de Lehmann Brothers. Ainsi cette crise a engendré une méfiance envers le système bancaire favorisant ainsi l’essor de la finance alternative.

Définition

La finance alternative désigne l’ensemble des activités de financement qui se fait en dehors du système bancaire traditionnel. Différents acteurs se sont manifestés après la crise des subprimes pour offrir des solutions alternatives au financement bancaire ; des solutions qui ont différentes formes telles que le crowdfunding, le prêt entre pairs (peer to peer lending), accompagnées de différents instruments tels que les actions communautaires, les crypto monnaies etc.

C’est un tout nouveau mode de financement pour les TPE (très petites entreprises)  PME (petites et moyennes entreprises) ainsi que les startups. Les acteurs de la finance alternative offrent des services plus transparents et plus souples que les institutions traditionnels de financement[1]. On note le crowdfunding (financement par la foule) qui met en relation bailleurs et collecteurs de capitaux sur internet via des plateformes spécialisées. Les sommes ainsi proposées viennent sous la forme de donations, de prêts ou des financements incluant la prise de participation dans le capital d’un projet d’entreprise.

Les  services offerts par les acteurs du financement alternatifs inclus également :

  • Les business angels qui sont généralement des personnes physiques, des anciens chefs d’entreprise ou cadre supérieur, des entrepreneurs  ayant revendu leurs entreprises ou encore un regroupement d’investisseurs membres d’une même famille, qui investissent à titre individuel au capital d’une entreprise innovante.
  • Les prêts d’honneur qui sont des crédits à taux zéro ou peu élevé, sans garantie personnelle ou réelle, consentis par une association sans but lucratif ou une fondation, dont la vocation est d’encourager et de soutenir l’entrepreneuriat. Ils sont accordés aux personnes physiques, porteuses du projet et ont vocation à renforcer le niveau des fonds propres apportés par le dirigeant dans son entreprise.
  • Les prêts participatifs sont des financements à moyen et long terme qui peuvent être distribués par des établissements de crédit, des sociétés commerciales, des sociétés et mutuelles d’assurances, des associations sans but lucratif, des sociétés du secteur public, les collectivités locales et territoriales l’État.
  • Le capital-risque qui concerne les personnes ou entités  qui viennent investir dans des entreprises en fonds propres, par augmentation de capital, ou quasi-fonds propres sous forme de prêt moyen terme convertible en capital ou associé à des bons de souscription d’actions.
  • Le love money qui est l’argent fourni par la famille, les amis et le porteur de projet d’entreprises lui-même.

Le financement bancaire qui est souvent très couteuses aux entreprises, subi la concurrence du financement non bancaire qui voit de plus en plus de jeunes pousses (les startups surtout), préférés recourir aux solutions alternatives. En effet, le seuil de 1.4 milliard d’euros de fonds collectés est franchi en France selon la société KPMG[2].

 Cela représente une progression de 39% entre 2017 et 2018. Selon cette même société, les montants collectés via la finance alternative ont été multipliés par plus de quatre, passant de 297 millions d’euros collectés en 2015 à 1,4 milliard d’euros collectés en 2018. Le marché européen des financements alternatifs en ligne est estimé à près de 3 milliards d’euros en 2014 et a atteint 7 milliards d’euros en 2015[3].

La finance alternative s’est transformée en une industrie mondiale depuis la crise des subprimes. De nombreux acteurs ont su tirés leurs épingles du jeu pour démocratiser l’offre de capitaux à l’échelle mondiale et ouvrir la voie à de nouveaux modes financements avec des instruments de plus en plus attachés à l’évolution de la technologie.

Si l’on devait retenir que deux points ici, ce serait que la finance alternative :

  • représente tout type de financement en dehors du système bancaire
  • regroupe des acteurs qui offrent des services plus transparents et moins couteux que ceux présent dans le système bancaire.

[1] https://www.novabuild.fr/actualites/financements-alternatifs-nouveau-mode-financement-pme

[2] https://home.kpmg/fr/fr/home/media/press-releases/2019/01/la-finance-alternative-en-france.html

[3] https://www.cryptodevise.com/finance-alternative/