La fraude et la corruption constitue des fléaux qui gangrènent les sociétés depuis la nuit des temps. Si diverses stratégies ont été mises en place en vue de remédier à ces problèmes, leurs existences se font toujours sentir de part les milliards de dollars qu’elles coutent aux nations. Haïti comme tout autres pays fait face à ces problèmes. Notre objectif est de montrer en quelques exemples simples comment une technologie révolutionnaire comme la blockchain peut aider dans la lutte contre la fraude et la corruption.

La blockchain face à la fraude

La blockchain peut constituer un outil pour lutter contre l’opacité dans l’administration publique et les entreprises privées mais aussi contre la corruption qui sévit dans le monde.

Supposons qu’un gouvernement ou une institution veuille instaurer en son sein une crypto monnaie qui existe déjà ou décide tout simplement d’en concevoir une. La valeur de celle-ci serait déterminée par le marché par exemple. Une telle mesure permet de limiter la volatilité du cours et l’utilisation de cette monnaie virtuelle.

La blockchain est gérée par un réseau d’entités homologues adhérant  de façon collective à un protocole de validation des nouvelles transactions. Lorsque celles-ci sont enregistrées, on ne peut point les modifier car cela  obligerait à modifier également toutes celles qui ont été validées après elle. S’il eu lieu une fraude quelconque celle-ci serait visible par tous les utilisateurs connectés au système car toutes les informations sont stockées dans plusieurs ordinateurs branchées au système.

Autre fait marquant, c’est que les données ont peu de chances d’être perdus, qui plus est, elles sont cryptées, ce qui vient à dire que la confidentialité est préservée. Ainsi les contrôles seront plus faciles à faire ainsi que le fait que les transactions ne bénéficient plus d’anonymat, augmente grandement les difficultés de la corruption à s’épanouir.

La blockchain et  la lutte contre la corruption

La technologie blockchain propose des perspectives très prometteuses pour la lutte contre la corruption. Les avancées technologiques en ce sens ont le potentiel d’augmenter  à grande échelle la transparence du budget de l’Etat notamment au niveau des dépenses publiques. Par exemple :

En admettant que le gouvernement décide de construire une université , il serait en mesure de suivre le moindre dollar dépensé, d’identifier l’utilisateur de ce fonds et de veiller  à ce que seuls ces utilisateurs dépensent ce fonds dans les délais convenus selon les objectifs prévus initialement. Ainsi donc les enquêtes relatives à la corruption qui prennent des éternités  se boucleraient à vitesse record, ce qui dissuaderait tout fonctionnaire à toucher de pot-de-vin.  Les informations étant stockées dans un grand nombre d’ordinateurs, il y a très peu de risque de pertes de données, et comme elles sont cryptées, la confidentialité est préservée[1].

La blockchain constitue donc un registre public de toutes les transactions effectuées en crypto-monnaie. Des recherches peuvent y être effectuées pour suivre n’importe quel échange.  Le scandale de la dilapidation du fonds Petro Caribe aurait pu connaitre une tout autre approche en ce qu’il y avoir avec la transparence. Toutes personnes physiques et morales  concernées dans le gaspillage de ce fonds auraient pu être jugé à la hauteur de leurs actes.


[1] (ENRIQUE ALDAZ-CARROLL, février 2018).