Un système financier joue donc un rôle important dans la bonne marche d’une société. Il peut permettre aux ménages et aux entreprises de grandir sur le plan économique et social. Car, il leur donne la possibilité de mieux s’intégrer dans les activités socio-économiques de leur pays, de contribuer à son développement et de faire face aux chocs. C’est pourquoi l’émancipation d’un tel phénomène serait profitable à chaque individu pour leurs besoins de financement personnel et aussi à toute l’économie nationale, d’où le concept de « l’inclusion financière » et essayons de voir ensemble ses bienfaits sur le développement économique d’un pays.

Qu’est ce que l’inclusion financière ?

L’inclusion financière (ou finance inclusive) désigne l’offre de services financiers et bancaires de base à faible coût spécifique pour des consommateurs en situation de difficultés et de ce fait exclus des services traditionnels. Demirguc-Kuntet al. (2008) nous disent que l’inclusion financière est l’absence de barrières tarifaires ou non tarifaires dans l’utilisation des services financiers. À cause de ces barrières, les ménages et les entreprises ont du mal à exploiter les potentialités du système financier formel au profit de leurs activités. Vu globalement, cette situation peut s’avérer préjudiciable pour une société.

De ce fait, nous assistons ces dernières années à la prise d’une série de mesures par un nombre croissant d’organisations internationales et d’autorités de pays en développement pour favoriser des systèmes financiers inclusifs, surtout au bénéfice des plus pauvres.

A quoi sert-elle ?

Un système financier joue donc un rôle important dans la bonne marche d’une société. Il peut permettre aux ménages et aux entreprises de grandir sur le plan économique et social. Car, il leur donne la possibilité de mieux s’intégrer dans les activités socio-économiques de leur pays, de contribuer à son développement et de faire face aux chocs.

Dans une étude effectuée sur la période de 1986 à 2010, Ridoré (2011) a montré que le développement du système financier a un impact sur la croissance économique d’Haïti. Dans son mémoire, elle a trouvé que l’évolution à la hausse de 2% de la croissance économique est en partie expliquée par une augmentation de 1% du crédit au secteurprivé par le système bancaire.

Développement économique, qu’est ce que c’est ?

La notion de développement est très différente de celle de croissance. Le développement est un ensemble de transformations qualitatives qui accompagnent une croissance durable : évolution des structures économiques, sociales et culturelles d’un pays donné. Le développement économique se traduit par : la hausse du taux d’alphabétisation, ledéveloppement du système de santé, la construction d’infrastructure, l’urbanisation.

Si l’on voudrait savoir quels sont les déterminants du développement économique, il faudrait s’appuyer sur l’approche de Solow, bien qu’il existe d’autres approches comme celle de Kydland et Prescott et celle de Acemoglu et Robinson. Selon l’approche de Solow, le développement économique s’explique par trois facteurs : l’augmentation des deux principaux facteurs de production (travail et capital), et le troisième le progrès technologique, générateur de gains de productivité.

L’inclusion financière et le développement économique.

L’aspect financier est sans doute un élément considérable dans le développement économique d’un pays. Plusieurs auteurs ont tenté de mettre en relation la finance inclusive et le développement économique, deux concepts qui se situent souvent dans le vocabulaire des économistes  de l’époque contemporaine. Nombreux sont les auteurs ayant démontré l’existence d’un lien entre le développement économique d’une société et l’accès aux services financiers. À titre d’exemple nous avons Honohan (2004) qui dans une étude empirique sur la Chine, la Corée, la Russie et le Royaume-Uni explique la relation entre développement financier, croissance et pauvreté. La finance inclusive permet sans doute aux individus de tous les segments de la population d’avoir accès à certains services financiers de base. Parmi ces services,certains sont déterminants pour la croissance économique d’un pays, ici, nous faisons allusion aux crédits bancaires. Les institutions financières, en octroyant des crédits, contribuent à la création de richesse. Si nous faisons l’hypothèse que ces crédits sont à des fins d’investissement, le nombre d’entreprises va augmenter dans l’économie ainsi que le nombre d’emplois. L’emploi constitue un revenu pour les ménages ce qui va leurs permettre de consommer davantage (augmentation de la demande) ou d’épargner. L’augmentation dela demande des consommateurs induit par l’augmentation des revenus va booster les entreprises à augmenter leurs productions ce qui constitue une augmentation de la richesse disponible dans l’économie durant cette période (croissance économique). L’augmentation de l’épargne va contribuer à l’avancement et au progrès des institutions financières de cette économie puisque celles-ci se nourrissent essentiellement de l’épargne des particuliers, et cette épargne bénéficiera également à refinancer l’investissement local (une augmentation de la capacité de financement de l’économie). La relation qui existe entre l’inclusion financière et le développement économique d’un pays nous montre que le développement économique est tributaire de la croissance économique, pour parvenir à ce faisceau de transformation dans les institutions, il faut créer de la richesse,plusieurs années de croissance économique finiront par modifier durablement les structures économiques sociales et démographiques de la société.  

Il est théoriquement prouvé que les modèles d’inclusion financière peuvent soutenir la croissance économique globale et la réalisation d’objectifs de développement plus larges. La finance digitale à elle seule pourrait bénéficier à des milliards de personnes en stimulant une croissance inclusive qui injecterait 3 700 milliards de dollars supplémentaires dans le PIB des économies émergentes en l’espace de dix ans, selon un récent rapport du McKinsey Global Institute. Les résultats d’une étude d’impact à long terme portant sur un service d’argent mobile au Kenya, M-PESA, ont conclu que l’argent mobile avait permis à 194 000 ménages (soit 2 % de la population kenyane) de sortir de la pauvreté, et avait amélioré efficacement la situation économique des femmes pauvres et des ménages dirigés par des femmes. Les faits montrent en outre de plus en plus que l’inclusion financière crée des systèmes financiers et des économies plus stables, mobilise des ressources nationales par l’intermédiaire de l’épargne nationale et contribue à augmenter les recettes de l’État.

Les travaux sur les objectifs de développement durable de la banque mondiale, le rapport du McKinsey Global Institute et  les résultats d’une étude d’impact à long terme portant sur un service d’argent mobile au Kenya, M-PESA vont mieux vous aider à appréhender l’idée de développement économique qui peut se réaliser à partir du canal de l’inclusion financière.

Le travail de la banque mondiale avec l’appel à l’action « Zéro Exclusion, Zéro Carbone, Zéro Pauvreté » lors des discussions sur les objectifs de développement durable (ODD) nous montre l’importance de l’inclusion financière dans la réalisation de ces objectifs, et présente ainsi dans quelles mesures l’inclusion financière peut contribuer au développement économique. L’étude montre comment l’inclusion financière peut améliorer la préparation à la réalisation des ODD d’ici 2030. En fournissant aux plus pauvres les services financiers dont ils ont besoin pour investir et gérer les dépenses imprévues. L’inclusion financière peut également autonomiser les travailleurs agricoles. Les agriculteurs qui ont accès aux services financiers produisent souvent des récoltes plus abondantes. L’inclusion financière protège la santé en donnant aux gens la possibilité de gérer leurs frais médicaux, bonne santé et bien-être. Les produits d’épargne peuvent également permettre aux familles de planifier et de gérer les dépenses d’éducation qui de ce fait, vont contribuer à une éducation de qualité.

           Il est théoriquement prouvé que les modèles d’inclusion financière peuvent soutenir la croissance économique globale et la réalisation d’objectifs de développement plus larges. La finance digitale à elle seule pourrait bénéficier à des milliards de personnes en stimulant une croissance inclusive qui injecterait 3 700 milliards de dollars supplémentaires dans le PIB des économies émergentes en l’espace de dix ans, selon un récent rapport du McKinsey Global Institute. 

              Les résultats d’une étude d’impact à long terme portant sur un service d’argent mobile au Kenya, M-PESA, ont conclu que l’argent mobile avait permis à 194 000 ménages (soit 2 % de la population kenyane) de sortir de la pauvreté, et avait amélioré efficacement la situation économique des femmes pauvres et des ménages dirigés par des femmes. Les faits montrent en outre de plus en plus que l’inclusion financière crée des systèmes financiers et des économies plus stables, mobilise des ressources nationales par l’intermédiaire de l’épargne nationale et contribue à augmenter les recettes de l’État.

Irving J. ST VAL

Références bibliographiques 

Making finance Work for africa / Secrétariat de la finance au service de l’Afrique 

Stratégie d’inclusion financière (Brh)

Inclusion financière et service financier mobile en Haïti / Bradley Deer

https://lenouvelliste.com/article/229596/pourquoi-linclusion-financiere-est-elle-importante

https://www.banquemondiale.org/fr/news/immersive-story/2018/05/18/gains-in-financial-inclusion-gains-for-a-sustainable-world

https://www.banquemondiale.org/fr/topic/financialinclusion/overview